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En classe

Batik papier froissé : craies grasses et lavis en classe

Rédigé par Froissage Editorial Team · Mis à jour

Enfants en train de peindre autour d'une table pendant un cours d'arts plastiques
Photo : rawpixel, CC0, via Openverse

Le batik papier froissé est l’une des activités d’arts plastiques les plus gratifiantes en classe comme à la maison. Les enfants dessinent aux craies grasses, froissent leur dessin en boule, l’ouvrent et passent un lavis sombre. La cire repousse la peinture, les plis l’absorbent, et le dessin réapparaît parcouru d’un fin réseau de lignes sombres, comme les craquelures d’un tissu batik. Voici comment et pourquoi cela fonctionne, d’où vient le nom, et comment adapter la séance de la maternelle au cycle 3.

Comment fonctionne le batik sur papier

Deux phénomènes agissent en même temps.

La réserve à la cire. Les craies grasses contiennent beaucoup de cire, et la cire repousse l’eau. Quand on passe une peinture très diluée sur un dessin à la craie grasse, la couleur glisse sur les zones cirées et pénètre dans le papier nu. Plus on appuie, plus la couche de cire est épaisse et la réserve efficace.

Le froissage. En froissant la feuille, on fait craqueler la cire le long de chaque pli et l’on casse les fibres du papier. Le lavis s’infiltre dans ces fissures. Une fois la feuille aplatie, chaque pli apparaît comme une fine ligne sombre qui traverse les couleurs : c’est l’effet « batik ».

L’étape du froissage est exactement celle sur laquelle repose le froissage : les plis décident d’une partie du motif, et personne ne peut les prévoir précisément.

D’où vient le nom ?

Le vrai batik est une façon de décorer le tissu avec de la cire et de la teinture. L’UNESCO, qui a inscrit le batik indonésien sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité en 2009, décrit le procédé : les artisans dessinent sur le tissu des points et des lignes de cire chaude, qui empêchent la teinture de pénétrer ; le tissu est teint, puis la cire est retirée à l’eau bouillante pour révéler le motif. Pour plusieurs couleurs, on recommence. L’UNESCO souligne que le batik accompagne toute la vie indonésienne, des porte-bébés aux tenues de mariage.

La teinture en réserve à la cire existe aussi dans d’autres régions du monde. Le batik sur papier en est une version scolaire simplifiée, qui reprend le principe et l’aspect craquelé. Il est bon d’expliquer aux élèves que le nom vient d’une tradition textile vivante, et de leur montrer de vrais tissus ou des images de musées.

Le matériel

  • Papier : papier kraft ou grand sac en papier ouvert pour l’aspect classique ; papier blanc de 100 à 150 g/m² pour des couleurs plus vives.
  • Craies grasses : les craies grasses scolaires conviennent très bien ; les pastels à l’huile marchent aussi mais bavent davantage.
  • Lavis : peinture, encre ou aquarelle noire, bleu nuit, brune ou violette, très diluée.
  • Outils : brosse large et souple, éponge humide ou essuie-tout, papier journal pour protéger les tables.

Trois conseils pour réussir

  1. Appuyer fort et remplir. Un trait de craie léger laisse passer le lavis ; des aplats bien appuyés restent lumineux.
  2. Froisser plus qu’on ne croit. Deux ou trois froissages donnent un réseau serré de lignes fines.
  3. Un lavis léger, essuyé vite. Une peinture épaisse reste en surface ; un lavis fluide, tamponné à l’éponge, ne reste que dans les plis.

Idées de motifs

  • Motifs géométriques : spirales, points, frises, qui se prêtent bien à l’effet batik.
  • Nature : feuilles, poissons, oiseaux, fleurs en grands aplats.
  • Paysages de nuit : maisons et lune aux craies vives sous un lavis bleu nuit.
  • Halloween : citrouilles, chauves-souris et fantômes sous un lavis violet ou noir, en lien avec nos monstres en papier froissé pour Halloween.
  • Batik « à trouver » : les plus grands froissent et lavent une feuille sans dessin, puis dessinent à la craie les formes qu’ils voient dans les plis. C’est alors un vrai froissage.

Adapter selon l’âge

Maternelle (grande section) et CP. Feuilles A4, grosses craies, lavis préparé à l’avance. L’adulte aide à aplatir. On insiste sur le fait d’appuyer fort et sur la surprise de la révélation.

Cycle 2 et cycle 3. On introduit la notion de réserve et l’origine du mot. Les élèves prévoient des zones colorées et des zones nues, et comparent un seul froissage avec trois.

Collège. On relie l’activité à l’histoire des techniques du hasard et aux artistes du froissage. Les élèves réalisent une série de trois feuilles avec des papiers et des lavis différents, puis rédigent une courte comparaison.

Prolonger la séance

Le batik sur papier froissé se prête bien à une suite de séances autour des techniques du hasard, car il réunit trois gestes : dessiner, froisser et laver. On peut ensuite isoler chacun d’eux :

  • Le froissage seul. Froisser, déplier, passer un lavis d’encre et chercher une image dans les plis, comme dans la technique du froissage.
  • Le sel. Remplacer le dessin à la craie par des cristaux de sel dans un lavis encore humide ; voir aquarelle et sel.
  • Le souffle. Souffler des gouttes d’encre avec une paille pour faire des arbres ou des créatures ; voir peinture à la paille.
  • L’empreinte. Encrer une boule de papier froissé et l’imprimer ; voir impression au papier froissé.
  • Le paysage. Transformer les plis en montagnes et en vallées avec un lavis dégradé ; voir paysage en papier froissé.

En fin de séquence, afficher côte à côte un batik, un froissage et une empreinte permet de comparer les effets : où l’élève a-t-il décidé, où le matériau a-t-il décidé ? C’est la question centrale de toutes les techniques présentées sur notre page le hasard dans l’art.

Erreurs fréquentes

  • Le lavis recouvre tout : craie trop légère ou peinture trop épaisse.
  • Le papier se déchire : trop fin ou trop mouillé. Prenez du kraft et ne frottez pas.
  • Pas de craquelures : la feuille n’a pas été assez froissée.
  • La feuille gondole : faites-la sécher sous un poids léger entre deux journaux.

Pour d’autres séances autour du papier froissé, voir notre page froissage en arts plastiques et la technique du froissage.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le batik sur papier ?

C'est une technique scolaire qui imite l'aspect des tissus batik. On dessine aux craies grasses, on froisse la feuille, on l'aplatit et on passe un lavis sombre. La cire repousse la peinture et les plis se remplissent de couleur, ce qui donne un effet craquelé.

Pourquoi la peinture n'accroche-t-elle pas sur la craie grasse ?

Les craies grasses contiennent beaucoup de cire, qui repousse l'eau. Une peinture très diluée glisse sur les zones cirées et pénètre dans le papier nu et dans les fibres cassées le long des plis.

Quel papier choisir ?

Le papier kraft ou un sac en papier ouvert donne l'aspect le plus traditionnel et résiste bien au froissage. Un papier blanc de 100 à 150 g/m² rend les couleurs plus vives. Un papier trop fin se déchire une fois mouillé.

Faut-il repasser le batik papier ?

Ce n'est pas obligatoire. Le repassage aplatit la feuille et peut lustrer la cire. Il doit être fait par un adulte, fer à basse température, sans vapeur, entre deux feuilles de papier journal non imprimé.

Peut-on combiner le batik papier avec d'autres techniques ?

Oui. Le sel sur l'aquarelle, la peinture à la paille ou l'impression au papier froissé se marient bien avec le batik, à condition de laisser sécher chaque couche. Limitez-vous à deux techniques par feuille pour que le dessin reste lisible.

Sources

FE

Froissage Editorial Team

Editorial team

The Froissage.com editorial team researches the history of froissage from museum, encyclopedia and publisher sources and writes practical guides to the technique.

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