Technique
Paysage papier froissé : peindre des montagnes dans les plis
Rédigé par Froissage Editorial Team · Mis à jour

Le paysage en papier froissé part d’une observation simple : une feuille froissée puis aplatie ressemble à une carte en relief. Les arêtes évoquent des crêtes, les creux des vallées, les longs plis des rivières ou des côtes. Passez un lavis de couleur et le paysage apparaît presque tout seul. Pour qui cherche un paysage papier froissé à faire en arts plastiques ou à la maison, voici plusieurs méthodes, de la simple feuille de froissage aux chaînes de montagnes en collage et aux paysages de nuit, avec des conseils de couleur, de profondeur et les erreurs à éviter.
Pourquoi les plis ressemblent à des montagnes
Quand on froisse du papier, il se plie selon un réseau d’arêtes vives et de facettes planes. Vu de dessus, cela ressemble à un relief : des pentes raides qui se rejoignent en crêtes, d’où partent des crêtes secondaires. En passant un lavis, le pigment se loge dans les fibres cassées des plis et les assombrit : le réseau devient visible comme un ensemble de lignes et d’ombres.
Notre œil lit très vite ces motifs comme des paysages, et les peintres l’ont exploité depuis longtemps. En 1785, Alexander Cozens publie une méthode de composition de paysages fondée sur des taches d’encre jetées librement, qu’il développe ensuite ; notre page sur la paréidolie dans l’art retrace cette idée. Le papier froissé offre un point de départ du même ordre, avec encore plus de structure.
Le matériel
- Papier : papier à dessin de 100 à 150 g/m² ; papier aquarelle pour des collines douces, papier plus fin pour des crêtes alpines acérées.
- Couleur : aquarelle, encres colorées ou encre diluée. Une palette réduite fonctionne mieux : un bleu, une terre, une couleur chaude pour le ciel.
- Pinceaux : une brosse large pour les lavis, un petit pinceau rond pour les détails.
- En plus : crayon, essuie-tout, gouache blanche ou stylo gel blanc pour la neige, colle en bâton pour les versions en collage.
Méthode 1 : la chaîne de montagnes sur une seule feuille
C’est la méthode de base, détaillée étape par étape en haut de page. Le moment clé est la troisième étape : regarder. Tournez lentement la feuille sèche. Quelque part, une bande de plis forme une ligne de crêtes convaincante, avec des sommets de hauteurs différentes. Tracez-la légèrement : au-dessus, le ciel ; en dessous, la montagne.
Peindre le ciel dans une couleur propre et contrastée fait ressortir les montagnes. Travaillez soigneusement le long des crêtes au petit pinceau, puis remplissez le reste à la brosse. Sous la ligne, suivez les plis avec une teinte un peu plus foncée pour modeler les versants à l’ombre. Pour la neige, posez un peu de gouache blanche sur le haut de quelques arêtes, une fois sec.
Méthode 2 : les chaînes en collage
Pour plus de profondeur, préparez trois ou quatre feuilles froissées lavées dans des tons de plus en plus foncés d’une même couleur, du gris-bleu très pâle au bleu-violet profond. Déchirez une silhouette de montagne en haut de chaque feuille, puis collez la plus pâle en haut d’un fond et superposez les plus foncées plus bas. On obtient des crêtes qui s’estompent dans le lointain, chacune avec sa texture de plis.
Cette version convient très bien à la classe : chaque bord déchiré est différent, et l’on aborde la perspective atmosphérique : les formes lointaines paraissent plus pâles, plus bleues et moins détaillées, les formes proches plus sombres et plus nettes.
Méthode 3 : falaises et mer
Tournez la feuille pour que les plis soient verticaux d’un côté. Lavez ce côté dans des tons de terre chauds pour la falaise, l’autre en bleus et verts pour la mer, puis posez un trait de gouache blanche là où les vagues se brisent. Les plis horizontaux se lisent comme des vagues, les verticaux comme des strates.
Méthode 4 : paysages de nuit
Lavez la feuille froissée à l’encre bleu profond ou indigo. Une fois sec, peignez une lune pâle et éclairez le bord de quelques arêtes en blanc ou jaune pâle. De minuscules fenêtres allumées dans une vallée donnent l’échelle.
Conseils de couleur
- Limitez-vous à trois ou quatre couleurs : au-delà, les plis deviennent illisibles.
- Gardez les couleurs froides et pâles pour le lointain, les couleurs chaudes et sombres pour le premier plan.
- Laissez sécher complètement le premier lavis avant d’ajouter des détails.
- Essayez de peindre la feuille encore à demi froissée : seules les arêtes prennent la couleur, ce qui évoque des sommets enneigés.
Notre guide de la technique du froissage détaille aussi les lavis à l’encre et à l’aquarelle.
Erreurs fréquentes
- Couleurs boueuses : trop de couches sur un papier encore humide. Laissez sécher entre chaque couche.
- Résultat plat : ciel et montagnes de même valeur. Éclaircissez le ciel ou foncez les montagnes.
- Plis perdus : trop de peinture par-dessus. Lavis plus légers, et arrêtez-vous plus tôt.
Pour aller plus loin, voir la technique du froissage et nos idées de froissage en arts plastiques.
Questions fréquentes
Comment peindre des montagnes avec du papier froissé ?
Froissez une feuille, aplatissez-la et passez un lavis d'aquarelle ou d'encre : le pigment se dépose dans les plis. Une fois sec, choisissez une ligne de crêtes, peignez le ciel au-dessus dans une couleur contrastée et renforcez quelques arêtes avec une teinte plus foncée.
Quel papier choisir ?
Un papier à dessin de 100 à 150 g/m² se froisse bien et accepte le lavis. Un papier fin donne des plis plus fins mais se déchire mouillé ; le papier aquarelle donne des plis larges et doux, parfaits pour des collines.
Comment donner l'impression que les montagnes sont lointaines ?
Par la perspective atmosphérique : montagnes lointaines plus pâles, plus bleues et moins détaillées ; contrastes forts et couleurs chaudes réservés au premier plan.
Sources
Editorial team
The Froissage.com editorial team researches the history of froissage from museum, encyclopedia and publisher sources and writes practical guides to the technique.





