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Technique

Peinture à la ficelle : la technique de la ficelle tirée

Rédigé par Froissage Editorial Team · Mis à jour

Rouleaux d'encrage et surfaces encrées sur une table d'atelier de gravure
Photo : tracy ducasse, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

La peinture à la ficelle, ou technique de la ficelle tirée, est une technique du hasard rapide qui donne des résultats étonnamment élégants. On imbibe une ficelle de peinture, on la pose dans une feuille pliée, on appuie et on tire. En ouvrant le papier, on découvre que la peinture entraînée a dessiné des plumes, des fleurs ou des flammes, presque toujours en miroir sur les deux moitiés. C’est une activité classique d’arts plastiques à l’école, mais des artistes adultes l’utilisent aussi pour produire vite des formes à retravailler, dans le même esprit que le froissage.

Ce qui se passe quand on tire

En glissant entre les deux surfaces pressées, la ficelle traîne la peinture avec elle. Là où la main appuie fort, la peinture est chassée sur les côtés en stries fines et ramifiées ; là où la pression est légère, la ficelle laisse une trace plus douce. Les boucles deviennent des pétales et des plumes, les parties droites des tiges et des flammes. Comme la peinture se dépose sur les deux moitiés de la feuille pliée, le résultat est souvent symétrique, à la manière d’une tache d’encre.

Vous maîtrisez beaucoup de choses : les couleurs, la longueur de la ficelle, les boucles, la vitesse et l’angle du geste. Vous ne maîtrisez pas le motif exact. C’est ce demi-contrôle qui rattache la ficelle tirée aux techniques du hasard présentées sur ce site, de la décalcomanie au froissage. Le glossaire de la Tate consacré à l’automatisme rappelle combien les surréalistes appréciaient les méthodes qui laissent naître une image sans contrôle conscient complet.

Une estampe unique

Chaque tirage donne une image unique et impossible à refaire : la peinture à la ficelle est donc une forme d’estampe. Le glossaire de la Tate définit le monotype comme une impression qui ne peut être tirée qu’une fois, parce que l’image est peinte sur une plaque puis transférée, au lieu d’être gravée. La ficelle tirée fonctionne de la même façon : de la peinture sur une surface, une pression, un transfert, et jamais deux épreuves identiques. Si l’activité vous plaît, l’étape suivante est l’impression des plis et le tamponnage présentés dans notre guide de l’impression avec du papier froissé.

Le matériel

  • Ficelle : ficelle de coton moyenne ou fil à broder, coupée en morceaux de 40 à 50 cm.
  • Peinture : gouache ou acrylique fluide, allongée jusqu’à la consistance d’une crème liquide. L’aquarelle liquide donne des effets plus pâles.
  • Papier : papier lisse ou bristol fin ; le format A4 convient bien pour commencer.
  • Coupelles pour la peinture, une par couleur.
  • Une cuillère ou un bâtonnet pour enfoncer la ficelle dans la peinture.
  • Papier journal et lingettes : la technique est salissante.

Pas à pas

  1. Plier et ouvrir. Pliez la feuille en deux et rouvrez-la à plat.
  2. Charger la ficelle. Trempez la ficelle dans la peinture en gardant une extrémité propre. Faites-la glisser entre deux doigts ou sur le bord de la coupelle pour retirer l’excédent.
  3. Poser. Disposez la ficelle sur une moitié de la feuille en boucles, en courbes ou en zigzags, l’extrémité propre dépassant du bord inférieur.
  4. Refermer et appuyer. Rabattez l’autre moitié. Posez une main à plat sur le papier et appuyez fermement.
  5. Tirer. De l’autre main, tirez la ficelle d’un seul mouvement régulier. Essayez de tirer droit vers le bas, puis, la fois suivante, sur le côté ou en ondulant.
  6. Ouvrir. Dépliez la feuille et laissez-la sécher à plat.

Pour une deuxième couleur, attendez que la première soit sèche au toucher, prenez une ficelle propre et recommencez.

Obtenir des formes différentes

  • Fleurs : posez la ficelle en spirale ou en petites boucles près du pli et tirez droit vers le bas. Les boucles s’ouvrent en pétales, la queue devient une tige.
  • Plumes et ailes : posez une longue courbe en S et tirez lentement en oscillant légèrement.
  • Flammes : ficelles rouges, orange et jaunes posées en courbes montantes, tirées rapidement.
  • Arbres : une longue ligne droite avec de courtes branches, tirée vers le tronc.
  • Motifs abstraits : deux ou trois ficelles de couleurs différentes, tirées dans des directions opposées.

Erreurs fréquentes

  • Des pâtés au lieu de lignes. Trop de peinture sur la ficelle : essorez davantage avant de la poser.
  • Des traces pâles et cassées. Peinture trop épaisse ou pression insuffisante : diluez un peu et appuyez plus fort.
  • La ficelle déchire le papier. Papier trop fin ou trop mouillé : prenez un bristol ou une peinture moins diluée.
  • Des couleurs boueuses. Trop de couleurs sur une même feuille : deux ou trois suffisent.

Le temps de l’observation

Une fois l’image sèche, tournez-la dans tous les sens. Beaucoup d’enfants y voient tout de suite des papillons, des scarabées, des anges, des visages ou des dragons. C’est la paréidolie, le réflexe qui nous fait voir des figures dans les nuages comme dans les plis d’une feuille froissée ; notre page sur la paréidolie dans l’art l’explique. Ajoutez quelques détails au feutre fin, des antennes, des yeux, une ligne de sol, mais restez léger pour que les formes tirées gardent la vedette.

Conseils pour la classe

  • Installez des ateliers d’une seule couleur chacun, pour que les ficelles ne mélangent pas les teintes.
  • Donnez une ficelle propre par couleur ; les ficelles usagées peuvent sécher sur un fil pour être réutilisées.
  • Travaillez en binômes : l’un appuie, l’autre tire, puis on échange. Tirer proprement tout en appuyant est plus facile à deux.
  • Associez la séance à la peinture à la paille et à l’aquarelle et sel pour une leçon sur les différentes traces du hasard.
  • Les plus grands peuvent comparer la symétrie des tirages à la ficelle avec celle de la décalcomanie et des taches d’encre, puis l’opposer aux lignes irrégulières de la technique du froissage.

Questions fréquentes

Comment faire une peinture à la ficelle ?

Trempez une ficelle dans une peinture fluide, posez-la en boucles sur une moitié de feuille pliée en laissant dépasser une extrémité, refermez, appuyez d'une main et tirez la ficelle de l'autre. Ouvrez la feuille pour découvrir le motif.

Quelle ficelle choisir ?

Une ficelle de coton d'épaisseur moyenne ou du fil à broder. Elle absorbe bien la peinture. Un cordon de nylon lisse en retient trop peu, et une laine très épaisse fait des bavures.

Quelle peinture utiliser ?

Une gouache ou une acrylique fluide, légèrement allongée d'eau, à peu près de la consistance d'une crème liquide. Trop diluée, elle bave ; trop épaisse, elle ne glisse pas.

Pourquoi ma peinture à la ficelle est-elle symétrique ?

Parce que la ficelle est pressée entre les deux moitiés de la même feuille : la peinture se dépose des deux côtés et forme une image en miroir, comme une tache d'encre pliée. Pour une image unique, posez la ficelle sous une feuille séparée au lieu de plier.

Sources

FE

Froissage Editorial Team

Editorial team

The Froissage.com editorial team researches the history of froissage from museum, encyclopedia and publisher sources and writes practical guides to the technique.

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