Technique
Frottage en arts plastiques : technique, Max Ernst, classe
Rédigé par Froissage Editorial Team · Mis à jour

Le frottage en arts plastiques est l’art de frotter. On pose une feuille sur une surface en relief, on la frotte avec un crayon tendre ou une craie grasse, et la texture apparaît comme par magie. Les enfants le découvrent avec des pièces de monnaie et des feuilles d’arbre ; le peintre surréaliste Max Ernst en a fait une méthode pour inventer des forêts, des oiseaux et des paysages étranges. Ce guide explique l’origine du frottage, la bonne façon de le pratiquer et comment transformer une pile de frottages en image aboutie, de la maternelle au cycle 3.
Qu’est-ce que le frottage ?
Le frottage reproduit la texture d’une surface en posant un papier dessus et en le frottant avec un médium comme le fusain ou le crayon. Le même principe est à l’origine de pratiques beaucoup plus anciennes, comme le relevé des plaques gravées dans les églises ou des inscriptions sur pierre, destinées à copier fidèlement une surface.
En art, le frottage poursuit un autre but. Il ne s’agit pas d’enregistrer la surface mais d’y découvrir des images. Un frottage de bois n’est qu’un veinage jusqu’au moment où on le tourne et où l’on voit des vagues, des collines ou les plumes d’un oiseau. Alors on commence à dessiner.
La découverte de Max Ernst
Selon la Tate, Max Ernst met au point le frottage dans des dessins réalisés à partir de 1925. Il est inspiré par un vieux plancher dont le veinage avait été mis en relief par des années de lessivage. Il pose des feuilles sur les lattes et les frotte à la mine de plomb : les résultats évoquent des forêts mystérieuses peuplées de créatures semblables à des oiseaux.
En 1926, Ernst publie une sélection de ces dessins dans un portfolio intitulé Histoire naturelle. Le MoMA en décrit les planches comme des phototypies d’après frottage, issues d’un ensemble de 34. Ces planches transforment des textures frottées en paysages, en créatures et en plantes qui n’ont jamais existé.
Ernst transpose ensuite l’idée à la peinture à l’huile. La Tate explique que dans le grattage, qu’il pratique à partir de 1927, une toile couverte de peinture est posée sur un objet texturé puis raclée ; dans Forêt et colombe (1927), les arbres semblent obtenus en raclant la peinture sur une arête de poisson.
Les œuvres d’Ernst sont encore protégées par le droit d’auteur : nous ne les reproduisons pas, mais la collection en ligne du MoMA montre les planches d’Histoire naturelle.
Le matériel
- Papier : un papier fin à moyen relève mieux la texture : papier machine, papier journal, papier calque épais ou papier à dessin léger.
- Médium : tout ce qui est tendre et large : mine graphite ou crayon 4B à 8B tenu sur le côté, craies grasses sans leur papier, fusain, pastel à l’huile.
- Textures : bois, écorce, feuilles (côté nervures), pièces, clés, dentelle, filets, vannerie, carton ondulé, papier peint gaufré, semelles, briques.
- En plus : ruban de masquage, papier brouillon pour les réserves, feutre fin et fixatif.
Les gestes qui font la différence
Frotter dans un seul sens. Les va-et-vient brouillent la texture ; de petits traits dans une même direction donnent un résultat net.
Utiliser le côté, pas la pointe. Le bord large de la craie ne touche que les reliefs : c’est ce qui crée l’image.
Varier la pression. Une pression légère donne une empreinte fantomatique, une pression forte un contraste marqué.
Superposer. Frottez une texture, déplacez la feuille, frottez-en une autre : des feuilles sur du bois deviennent une forêt au crépuscule.
Ajouter un lavis. La craie grasse résiste à l’aquarelle : un lavis léger par-dessus colore le fond et fait ressortir le frottage.
Du frottage à l’image
L’étape que l’on oublie le plus souvent est l’interprétation. Faites d’abord une planche d’essais, puis prenez le temps de regarder, à l’endroit, à l’envers, de côté. Ce réflexe de voir des images dans des motifs dus au hasard porte un nom, la paréidolie. Ensuite, composez : esquissez un paysage ou une créature et frottez une texture différente dans chaque zone. Quelques traits précis suffisent pour transformer une texture en scène.
Frottage et froissage
Le frottage et le froissage sont cousins. Le frottage prend sa texture au monde extérieur ; le froissage la crée dans le papier en le froissant. On peut les combiner : froisser et aplatir une feuille, puis y faire un frottage. Notre page froissage et frottage détaille leurs différences, et la technique du froissage explique l’étape du froissage.
Le frottage en classe : maternelle, cycle 2 et cycle 3
Sans eau ni peinture, le frottage convient dès la maternelle : chasse aux textures dans la cour, puis album collectif des empreintes. En cycle 2, on compare les textures (lisse, rugueux, strié) et l’on compose un paysage avec trois frottages différents. En cycle 3, on découvre la démarche de Max Ernst et chaque élève invente sa propre « histoire naturelle » de plantes et d’animaux imaginaires. Pour une séquence sur les techniques du hasard, voir aussi la technique de la décalcomanie et nos idées de froissage en arts plastiques.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le frottage en arts plastiques ?
C'est une technique de dessin : on pose une feuille sur une surface texturée (bois, feuilles, tissu, pièces de monnaie) et on la frotte avec un crayon tendre, une craie grasse ou du fusain. La texture apparaît sur le papier et l'on peut ensuite la transformer en image.
Qui a inventé le frottage ?
Le relevé par frottement est ancien (estampages de pierres gravées, frottis de plaques funéraires). Comme méthode de création d'images, il est mis au point par Max Ernst, qui l'utilise dans des dessins à partir de 1925 et en publie une série en 1926 sous le titre Histoire naturelle.
Quel crayon utiliser pour un frottage ?
Un outil tendre et large : mine graphite 4B à 8B tenue sur le côté, craie grasse sans son papier, fusain ou pastel à l'huile. Un crayon dur raye la feuille au lieu de relever la texture.
Quelle différence entre frottage et grattage ?
Le frottage frotte un médium sec sur un papier posé sur une surface en relief. Le grattage, que Max Ernst utilise à partir de 1927, en est la version peinte : une toile couverte de peinture est posée sur un objet texturé et la peinture est raclée.
Quelle différence entre frottage et froissage ?
Le frottage relève la texture d'un objet placé sous le papier ; le froissage crée la texture dans le papier lui-même en le froissant. Notre page froissage et frottage compare les deux en détail.
Sources
Editorial team
The Froissage.com editorial team researches the history of froissage from museum, encyclopedia and publisher sources and writes practical guides to the technique.




